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L’archéologie à Québec

Lac Saint-Charles

La superficie du lac Saint-Charles est d’environ 3,6 km2. Son bassin versant couvre 166 km2 et comprend 16 lacs et 235 km de cours d’eau. Ce bassin versant présente un relief accidenté et des montagnes qui s’élèvent jusqu’à 425 m d’altitude.

La partie nord du lac comprend un ancien marécage, connu sous le nom de baie Charles-Talbot, et un vaste marais, les marais du Nord, alimenté par le lac Delage et la rivière des Hurons.

Cet environnement constitue un milieu accueillant pour plusieurs espèces animales, en particulier certains mammifères semi-aquatiques (castor, rat musqué, loutre), des oiseaux aquatiques (plongeon huart, canards) et des amphibiens (grenouille). Le lac offrait autrefois un habitat favorable aux salmonidés, en raison de ses eaux froides et relativement profondes et d’un fond de gravier aujourd’hui couvert de limon.

La végétation forestière est actuellement constituée par une érablière à bouleau jaune.

Ce territoire pouvait facilement répondre aux besoins de petits groupes amérindiens nomades. Une exploitation intensive des ressources fauniques et l’installation de groupes sédentaires semblent toutefois improbables.

Lac Saint-Charles

Le lac Saint-Charles.

Aquarelle de John Douglas Sutherland Campbell Lorne, Le lac Saint-Charles, 1882, Bibliothèque et Archives Canada, C-111871.

Organisation des campements

Les campements fouillés sont situés sur des replats relativement bien drainés, en bordure de rives escarpées et rocheuses. Ces replats, pour la plupart de faible étendue, se prêtent à la mise en place d’habitations de 4 à 6 m de diamètre à foyer unique. Habituellement, c’est autour du foyer qu’on travaille la pierre et transforme les prises animales.

Les foyers, souvent aménagés dans des dépressions, sont représentés par du sol rougi et des amas de pierres altérées par la chaleur. Ces traces s’accompagnent généralement de charbon de bois et d’ossements d’animaux carbonisés. Ici, la faible densité des restes matériels laisse croire que les séjours étaient de courte durée.

Activités quotidiennes

De petits objets de pierre taillée et des éclats de taille, des ossements d’animaux carbonisés et très fragmentés et quelques tessons de céramique, en grande partie sous forme de grenaille, donnent un aperçu de la vie quotidienne. Ces témoins sont associés à diverses activités : fabrication ou réparation d’outils, dépeçage du gibier et préparation de mets cuits sur le feu ou bouillis.

Outillage

Il est fort probable que la plupart des outils étaient fabriqués en os ou en bois et qu’ils se sont décomposés dans le sol.

Divers outils lithiques ont été recueillis : grattoirs, pointes de projectile, briquets, hache, percuteur, bifaces, pièces esquillées et éclats retouchés. À cela s’ajoutent quantité d’éclats de taille.

Les grattoirs sont nombreux. La plupart sont petits et la tracéologie révèle qu’ils ont surtout servi à travailler des matériaux souples comme de la peau animale, ainsi que le bois, l’os et l’andouiller. Certains étaient fixés à des manches en bois ou en os aujourd’hui disparus. Les chasseurs portaient un grand intérêt au castor, qui était à la fois une source de protéines et de gras dans l’alimentation, alors que les peaux servaient pour l’habillement et que les incisives tenaient lieu d’outils. L’absence d’incisives de castor laisse supposer qu’elles étaient peu utilisées sur place.

Les éclats de taille proviennent surtout de l’usage et de l’entretien des outils, par exemple de l’affûtage des tranchants ou de la finition de préformes. Un seul percuteur de pierre a été trouvé; par conséquent, des percuteurs mous faits d’andouiller devaient servir à l’entretien de l’outillage lithique. Aucun nucléus ou éclat volumineux ne se rapporte au dégrossissage de la pierre préalable à la fabrication d’outils.

Alimentation

Le castor était un mets privilégié. Figuraient également au menu le porc-épic, le rat musqué, la loutre, l’orignal, le caribou, l’ours noir, le plongeon huart, des poissons comme le meunier, le brochet ou le maskinongé, deux espèces de tortue et la grenouille.

Le caribou et l’orignal sont représentés par l’extrémité des pattes et les carcasses étaient dépecées ailleurs. Dans cette partie du squelette, la moelle est particulièrement nutritive. Les os d’ours noir proviennent également de l’extrémité des pattes. Ces morceaux étaient sans doute considérés comme d’intéressantes réserves de nourriture lors des déplacements et des séjours de courte durée. Malgré la proximité du lac, les restes de poisson sont peu nombreux. Ils se dégradent toutefois facilement dans les mets bouillis, les feux de foyer et au contact de sols acides.

La céramique était peu utilisée. Seulement quelques tessons appartenant à deux vases et un fragment de tuyau de pipe ont été recueillis. Aucun reste végétal n’a été décelé dans les échantillons de sol soumis à la flottation, mais il est certain qu’on consommait certains végétaux.

Les prises animales, tout comme les matières végétales, étaient par ailleurs d’une grande utilité tant pour l’habillement et l’outillage que pour la confection des canots, des récipients et d’autres produits d’usage courant.

Lac Saint-Charles : Un satellite du Nord

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