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Patrimoine

L’archéologie à Québec

Maison des Jésuites

3 000 ans AA : sur le Platon

Il y a au moins 3 000 ans AA (Archaïque récent), des groupes amérindiens se sont arrêtés sur le Platon pour tailler la pierre et fabriquer des outils. À la période historique, l’anse Saint-Joseph était connue sous le nom de Ka-miskouaouanga-chit, qui signifie Pointe-aux-Anguilles ou encore là où l’on prend le saumon avec la lance.

1637-1700 : la mission jésuite

La mission Saint-Joseph est créée en 1637. La construction d’une maison pour les pères, de maisonnettes pour les Amérindiens, d’une chapelle, d’un moulin à vent, d’une brasserie, d’une palissade en pieux de cèdre puis d’une enceinte en pierre témoigne de l’intensité de l’effort missionnaire jusqu’au milieu du siècle. Des épidémies touchent les autochtones en 1667 et en 1683. La guerre, la famine et la consommation d’alcool font aussi plusieurs victimes. La mission décline et cesse ses activités en 1698.

Moulin à vent des Jésuites à Sillery

La mission Saint-Joseph à Sillery (8).

Robert de Villeneuve, détail de la Carte des environs de Québec en la Nouvelle-France, 1685-1686, Bibliothèque nationale de France, GE SH 18 PF 127 DIV 7 P 4.

1700-1760 : une maison de campagne

Du début du 18e siècle jusqu’à la Conquête, les terres sont toujours cultivées. La résidence actuelle, alors récemment construite, sert de maison de campagne aux pères et aux élèves du collège des Jésuites de Québec. L’Aveu et dénombrement de 1733 mentionne, en plus de la maison et de la chapelle en pierre, une maison pour le fermier, un bâtiment utilisé à la fois comme étable, écurie et grange, 30 arpents de terre labourable et 10 arpents de prairie, jardin, cour et verger.

Collège des Jésuites

1760-1815 : des locataires anglophones

Après la Conquête, les locataires se succèdent. De 1763 à 1768, la maison est habitée par John Brooke (Angleterre, v. 1709 – Colney, 1789), aumônier de la garnison de Québec, et son épouse, la romancière Frances Moore Brooke (Claypole, v. 1724 – Sleaford, 1789). Le brasseur William Hullett y exploite une houblonnière de 1802 à 1815.

La Maison des Jésuites de Sillery.

Photographie Thaddée Lebel, avant 1947, Archives de la Ville de Québec, N017997.

1815-1946 : les marchands de bois

Durant cette période, les locataires ou propriétaires sont des marchands de bois, dont Henry LeMesurier (Guernesey, 1791 – Québec, 1861) et Richard Reid Dobell (Liverpool, 1837 – Angleterre, 1902). Thomas Beckett, associé de Dobell, habitera la demeure pendant 30 ans. La Maison des Jésuites, classée en 1929, est l’un des trois premiers biens patrimoniaux à recevoir un statut juridique du gouvernement du Québec.

Travailleurs à l’œuvre dans l’anse de Sillery.

Photographie Jules-Ernest Livernois, vers 1900, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P560, S1, P116.

L’anse de Sillery vers 1900 : au centre de la photo, le monument au père Énemond Massé sur le site de la chapelle de la mission Saint-Joseph.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P560 S1, P114.

1946 à aujourd’hui : un lieu d’interprétation

Menacée de démolition en 1946, la Maison des Jésuites est épargnée et transformée en lieu d’interprétation. Elle fait aujourd’hui partie du réseau Maisons du patrimoine de la Ville de Québec.

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