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Patrimoine

L’archéologie à Québec

Îlot Hunt

La préservation dans le sol d’objets faits de matériaux organiques est rare au Québec. La découverte à l’îlot Hunt de plus de 400 fragments de cuir, dans un contexte de la fin du 17e siècle, est donc digne de mention.

Les pièces de chaussures trouvées dans le sol de l’ancien rivage permettent de jeter un regard sur le costume et sur le statut social de ceux qui les ont portées.

Parmi ces restes, on compte une quarantaine de chaussures de femme, d’homme et d’enfant. Il s’agit en grande partie de chaussures communes, à empeignes couvrantes et bouts carrés. La plupart sont usées et plusieurs ont été transformées. Au moins un bottillon avec trous et lacets et une poulaine, très fine, font partie de l’ensemble.

Commerce et fabrication des chaussures en Nouvelle-France

On sait que Charles Aubert de La Chesnaye (Amiens, 1632 – Québec, 1702) s’est associé à Jean Larchevêque dans l’exploitation d’une tannerie. Le marchand a par ailleurs été accusé en 1664 d’avoir vendu des chaussures à un prix dépassant le tarif imposé. Même s’il est difficile d’établir un lien direct entre les activités de ces deux personnages et les découvertes, la présence de ces artéfacts met en évidence la production des artisans de la colonie. Tandis que les tanneurs traitaient les peaux de bovins, de loups-marins et de cervidés, les cordonniers réparaient et fabriquaient des chaussures robustes, des « bottes sauvages » et, à l’occasion, des souliers plus fins qui rivalisaient avec les importations françaises.

Plusieurs cordonniers habitaient dans les environs, notamment rue du Sault-au-Matelot. Les niveaux de plage et les latrines des sites archéologiques voisins contenaient d’ailleurs de nombreux fragments de chaussures.

Histoire d'une tannerie artisanale de la rue De Saint-Vallier

Pour mieux connaître les métiers du cuir

La restauration des objets de cuir effectuée par le Centre de conservation du Québec a consisté à les stabiliser grâce à la lyophilisation, un procédé d’assèchement utilisant le froid. Certains de ces objets sont mis en valeur à l’Auberge Saint-Antoine, à l’endroit même de leur découverte. Les autres ont été déposés dans des boîtiers spéciaux qui favorisent leur conservation à long terme. Ils sont ainsi disponibles pour les chercheurs désireux de mieux connaître les savoir-faire associés aux métiers du cuir en Nouvelle-France.

 

Chaussures mises en valeur à l’Auberge Saint-Antoine, période 1690-1725.

Îlot Hunt, collections archéologiques de la Ville de Québec et collection archéologique de référence de Place-Royale, Auberge Saint-Antoine, photographie Victor Diaz Lamich.

Chaussures communes à bout ovale renforcé et à lacet, contexte 1660-1700.

Îlot Hunt, collection archéologique de référence de Place-Royale.

Chaussure d’enfant, contexte 1660-1700.

Îlot Hunt, collection archéologique de référence de Place-Royale.

Chaussure de femme, contexte 1660-1700. L’absence de quartiers laisse supposer qu’il s’agirait d’un soulier fermé transformé en mule.

Îlot Hunt, collection archéologique de référence de Place-Royale.

Chaussure d’homme, contexte 1660-1700. Le talon est composé de minces couches de cuir retenues par des chevilles de bois.

Îlot Hunt, collection archéologique de référence de Place-Royale.

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