Patrimoine

L’archéologie à Québec

Cimetière Saint-Matthew

1772-1860 : un cimetière anglican et presbytérien

Le cimetière Saint-Matthew est ouvert en 1772 pour répondre aux besoins de la communauté anglicane. Il est agrandi en 1778 afin de recevoir aussi les membres de la communauté presbytérienne.

À compter de 1822, le cimetière s’accompagne d’une desserte de la cathédrale anglicane Holy Trinity. Les premiers offices sont célébrés dans la maison du sacristain, qui sera entièrement dédiée au culte en 1827. L’édifice disparaît dans l’incendie des faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis en 1845.

À la suite de l’incendie, une chapelle temporaire en bois est élevée. En 1848, on entreprend la construction d’une nouvelle chapelle. Le mur de l’enclos est aussi refait, notamment à cause de l’élargissement de la rue Saint-Jean. On vérifie alors que l’espace qui sera occupé par le nouveau temple est libre de sépultures. On prévoit également l’exhumation des corps qui se trouvent dans la bande de terrain réclamée par la cité de Québec. L’entrepreneur est chargé de démonter les monuments, caveaux et tombeaux et de les réassembler à l’intérieur du cimetière.

En 1855, les autorités diocésaines décident de pourvoir la desserte de son propre ministre du culte. Le cimetière demeure ouvert jusqu’en 1860, date où l’inhumation est interdite pour des raisons de salubrité publique.

Le cimetière et la chapelle Saint-Matthew au milieu du 19e siècle.

Aquarelle attribuée à [Edward] Sewell, Church and graveyard, vers 1840, Bibliothèque et Archives Canada, R9266-381.

1860-1978 : un cimetière urbain

L’église néogothique actuelle est le fruit de travaux réalisés de 1870 à 1882 selon les plans de l’architecte montréalais William Tutin Thomas et sous la supervision de l’architecte Harry Lorn Staveley de Québec. La chapelle survit quelque temps, jusqu’à ce que les agrandissements successifs fassent disparaître presque toute trace de sa présence.

En 1868, la loi qui avait entraîné la fermeture du cimetière est modifiée, sans doute dans le but d’exhumer et d’inhumer à nouveau les sépultures se trouvant dans l’emprise des travaux. Le décret précise qu’on ne pourra par la suite empiéter sur aucune partie du cimetière en dehors de celle réellement couverte par la chapelle telle qu’agrandie.

La paroisse Saint-Matthew est érigée en 1875. Une campagne pour remettre en état le cimetière est organisée par les syndics la même année. Un inventaire des stèles et des monuments sera dressé à ce moment ainsi qu’en 1888.

Le mur d’enceinte est refait en 1893. En 1899-1900, l’architecte montréalais Arthur A. Cox remplace l’abside à cinq pans de Thomas par un chevet plat et ajoute une sacristie. La toiture polychrome en ardoise disparaît en 1954.

L’église Saint-Matthew vers 1890.

Photographie Albertype Company, Bibliothèque et Archives Canada,
PA-045792.

1978 à aujourd’hui : l’enclos paroissial Saint-Matthew

L’enclos paroissial Saint-Matthew, qui comprend l’église, le cimetière et le mur d’enceinte, est classé en 1978. L’année suivante, la Ville de Québec l’acquiert. Elle transforme l’église en bibliothèque municipale et le cimetière en parc urbain.

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