Québec, l'accent d'Amérique

Patrimoine

L’archéologie à Québec

Briqueterie Landron-Larchevêque et ateliers de potiers de la rue De Saint-Vallier

1630-1760 : En marge des importations françaises

Québec aurait accueilli ses premiers briquetiers dans les années 1630 et ses premiers potiers dans les années 1660. Les articles fabriqués visent à remédier à la rareté de certaines marchandises plutôt qu’à concurrencer les importations françaises.

De nombreux briquetiers et potiers utilisent de l’argile prélevée aux abords de la rivière Saint-Charles. Plusieurs d’entre eux habitent ou travaillent rue De Saint-Vallier.

La briqueterie Landron-Larchevêque, située sur la rive nord de la Saint-Charles, en bordure de la rivière Lairet, est fondée en 1688 afin de faire des briques, des tuiles et des poteries. En 1691, Étienne Landron vend sa part au marchand Charles Aubert de La Chesnaye (Amiens, 1632 – Québec, 1702). Plusieurs artisans travailleront à la briqueterie Landron-Larchevêque jusqu’en 1755 environ. Quand l’emplacement est vendu en 1765, les installations sont à l’état de ruine.

La production de briques et de tuiles a été favorisée par les autorités coloniales françaises, plus particulièrement à la suite de l’incendie qui a détruit la basse-ville en 1682. Les tentatives de fabrication de tuiles seront cependant éphémères.

Maison De La Chesnaye

Carte situant la briqueterie Landron-Larchevêque.

Quebec : Ville de l’Amerique septentrionale dans la Nouvelle France avec titre d’eveché, 1696, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, G 3452 Q4R1 1695 F4 CAR.

1760-1850 : Un marché à investir

Après la Conquête, la rupture des approvisionnements français et l’insuffisance des importations anglaises ouvrent un nouveau marché pour les potiers locaux. C’est le cas de Pierre Vincent.

Pierre Vincent dit « le cadien » (1725-1803) a probablement quitté sa terre natale en 1754-1755, lors de la déportation des Acadiens. Sa présence est attestée à Philadelphie en 1765. L’année suivante, il s’installe à Québec, où il produit des poteries jusqu’à son décès en 1803.

Les potiers Jean-Baptiste (v. 1771-?) et François Poitras (v. 1777-?), qui habitent aussi rue De Saint-Vallier, ont été actifs de 1797 à 1842 environ. Jean-Baptiste aurait fait son apprentissage auprès du potier Philippe Ampleman fils à Charlesbourg, sans doute entre 1795 et 1804. François a été l’apprenti de Pierre Vincent entre 1797 et 1801.

1850-1920 : La concurrence des manufactures

Une grande quantité de céramiques britanniques entre à Québec dès le début du 19e siècle. À partir de 1840, s’ajoute la pression des manufactures canadiennes ou québécoises récemment créées. Sans disparaître complètement, les poteries artisanales se font de plus en plus rares.

Poterie de Cap-Rouge

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